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Les mannequins de Louis Vuitton sans maquillageAprès Kristen Stewart et Photoshop, après Britney Spears et sa nouvelle campagne de pub dont elle a accepté de dévoiler les clichés originaux, après Louise Bourgoin sans retouches dans Marie-Claire, après des tops dont Claudia Shiffer en Une sans fards dans Elle… voici les mannequins de Louis Vuitton pas maquillée ni photoshopée façon Photomaton (cliquer sur la photo, puis zoomer). 
51 d’entre elles, vêtues sobrement, souvent avec un décolleté, les cheveux tirés, apparaissent au naturel dans ce visuel. Histoire de prouver une fois de plus que ces jeunes femmes, parmi les plus belles femmes du monde, doivent une (plus ou moins grande) partie de leur beauté au maquillage professionnel et aux retouches sur Photoshop. Voici trois exemples pour comparer : Laëticia Casta… 
… Noémie Lenoir… 
… et Natalia Vodianova. 
Par Lorenn Norroy source :www.planetecampus.com
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Les Françaises auront-elles bientôt légalement le droit de porter des pantalons ?
Plusieurs députés radicaux de gauche ont proposé l’abrogation des dispositifs réglementaires toujours en vigueur (bien qu’ils ne soient plus respectés) interdisant le port féminin du pantalon explique le Nouvel Obs. Ainsi, Chantal Robin-Rodrigo, Gérard Charasse, Sylvia Pinel, Chantal Berthelot, Dominique Orliac, Paul Giacobbi, Jeanny Marc, Annick Girardin, Albert Likuyalu et Joël Giraud entendent répondre parfaitement à la demande du président de la République Nicolas Sarkozy qui avait demandé au Parlement de "dé-légiférer".
C’est donc une loi largement obsolète qui devrait être abandonnée, celle du 26 brumaire an VIII qui dit : "toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation". A cette loi, deux circulaires sont venues préciser en 1892 et 1909 que les femmes pouvaient mettre un pantalon si c’était pour pousser le guidon d’une bicyclette ou tenir les rênes d’un cheval. De plus, il sera demandé également au Parlement la suppression de quelques références à la peine de mort.
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A 40 ans, aujourd’hui, on a la vie devant soi. Pourtant, malgré les progrès de la médecine, il peut être difficile de tomber enceinte. C’est ce que nous explique le professeur François Olivennes dans "N’attendez pas trop longtemps pour avoir un enfant" (éd. Odile Jacob) *. Interview. Non, toutes les femmes ne peuvent pas être enceintes à n’importe quel âge. Oui, les techniques d’Assistance médicale à la procréation (AMP) ont progressé de manière extraordinaire ces trente dernières années, mais elles ne font pas de miracles face à cette évidence : à partir de 38 ans, la fertilité baisse à toute allure. Or, des études, une carrière, une rencontre tardive avec le futur père conduisent de plus en plus de femmes à souhaiter ne devenir mères qu’à l’aube de la quarantaine. Ni rabat-joie ni moralisant, le professeur François Olivennes lance ce cri d’alarme : trop attendre pour envisager une grossesse, c’est diminuer ses chances d’avoir un enfant. Des données scientifiques claires, des statistiques incontournables viennent appuyer une réflexion vivante et sensible. Car ce gynécologue obstétricien, spécialisé dans l’AMP, aide depuis vingt ans des couples à lutter contre la stérilité. Il sait combien elle peut être perçue comme révoltante et injuste, combien l’attente du bébé tant espéré est doulour euse quand elle échoue. Mais, assure-t-il, trop de femmes ne verront pas ce désir profond s’exaucer parce qu’elles ont cru que sa réalisation était toujours possible. * Plus de 2 millions d’enfants sont nés dans le monde grâce aux techniques d’Assistance médicale à la procréation.
ELLE. Une Espagnole de 67 ans vient d’accoucher de jumelles… Avant elle, d’autres mères "seniors" avaient défrayé la chronique. Pourquoi ce type d’exploits sème-t-il la confusion ? Pr FRANÇOIS OLIVENNES. Outre le fait que ce sont des " prouesses " contestables réalisées par des médecins peu scrupuleux, ces accouchements de femmes âgées induisent chez celles qui n’ont " que " la quarantaine le sentiment qu’elles n’ont pas besoin de se presser pour décider de donner la vie. Or, ces grossesses hors normes ne sont pas spontanées. Chacune est obtenue grâce à une femme jeune qui a donné l’un de ses ovocytes ; fécondé par un spermatozoïde, il sera à l’origine de l’embryon. Une précision rarement communiquée ou que les femmes ne décryptent pas. Quand je les informe des réalités de cette technique, par ailleurs tout à fait légale et secourable, elles protestent : " Mais alors, le bébé ne me ressemblera pas, ce ne sera pas vraiment le mien ! "
ELLE. A quel âge cesse-t-on de produire des ovocytes ? Pr F.O. Les cellules qui les composent, contenues dans les ovaires, existent en grand nombre dès la vie foetale mais elles vont décroître de la puberté jusqu’à la ménopause. Avec une grande disparité selon les femmes. Certaines seront très facilement mères à 40 ans ; d’autres, à 37 ans, n’y parviendront pas. 38 ans est, en général, l’âge charnière. Aucun traitement n’améliore la qualité des ovocytes : si elle est altérée, les grossesses sont très rares et, quand elles surviennent, les fausses couches sont très fréquentes. Les ovocytes sont le maillon faible de la fertilité féminine.
ELLE. Qu’en est-il de la fertilité des hommes ? Pr F.O. Elle diminue de façon modérée à partir de 55 ans. Toutefois, un homme qui approche de la cinquantaine risque de concevoir un enfant ayant des anomalies chromosomiques. De plus, la comparaison de spermogrammes, établis à plusieurs années d’intervalle, révèle que la " production " de spermatozoïdes a baissé ces dernières décennies. Parmi les causes évoquées : les polluants présents dans l’environnement et dans notre nourriture. La stérilité est féminine à 40 %, masculine dans 20 % des cas et mixte (facteurs féminins et masculins associés) dans 40 % des cas. Mais c’est le plus souvent sur la femme que pèsent les traitements – pénibles – pour remédier à l’infertilité du couple.
ELLE. L’amélioration de la santé et l’allongement de l’espérance de vie n’accordent-ils pas plus de temps aux femmes pour avoir des enfants ? Pr F.O. C’est une erreur largement partagée. Beaucoup de femmes semblent plus jeunes à 40 ans que leur mère au même âge. La logique voudrait donc que la période de fécondité soit aussi allongée et une grossesse envisageable quand on le veut jusqu’à la ménopause. Avec, éventuellement, un petit coup de pouce de la médecine. Mais non, l’âge de la femme est bien le facteur qui détermine sa capacité à se reproduire et qui conditionne les résultats des traitements si elle a recours à l’AMP. Nous savons créer des embryons par les fécondations in vitro (FIV), réparer chirurgicalement les trompes si elles sont bouchées… En 2005, 19 000 bébés ont vu le jour, en France, grâce à la science : 2,4 % des naissances *. Mais ces techniques ne réussissent que pour une femme sur deux, entre 30 et 35 ans. Autour de 38 ans, c’est pour une sur trois – et après plusieurs tentatives. A 40 ans, seulement 15 % des patientes deviennent mères et, à 42 ans, 2 %. Au-delà de 43 ans, on considère que l’AMP est non éthique – elle n’est, d’ai lleurs, pas remboursée par la Sécurité sociale.
ELLE. Pourtant, il y a de plus en plus de grossesses tardives… Pr F.O. Il y a vingt ans, en France, 8 000 femmes chaque année avaient un bébé vers la quarantaine. Aujourd’hui, elles sont 28 000. L’âge de la première grossesse a reculé : de 24,2 ans en 1978 à 27,6 en 1998 ; en 2007, les Franciliennes ont eu, en moyenne, leur premier enfant à 32 ans. Mais, en croyant pouvoir disposer de temps pour avoir leur premier bébé ou en mettre au monde un deuxième, voire un troisième, certaines femmes s’exposent à un échec, alors qu’une grande majorité d’entre elles auraient sans doute pu le faire un peu plus tôt sans difficulté. Dans les centres d’AMP, 30 % des patientes ont plus de 38 ans.
ELLE. Elles ont souvent de bonnes raisons de ne pas avoir voulu devenir mères plus tôt… Pr F.O. C’est vrai. En soixante ans, la vie des Occidentales a été bouleversée et la société a beaucoup changé. Mais, une fois sur deux, la raison invoquée pour retarder une maternité est que l’on veut d’abord profiter de la vie. Quand on se rend compte que l’on ne va pas être parents, c’est une souffrance terrible, une perte inconsolable. Peut-être avaiton mal évalué auparavant l’épanouissement que procurent les enfants et la concurrence avec tout autre critère d’existence. Surtout, il y a la méconnaissance des limites naturelles de la fertilité féminine.
ELLE. Peut-on connaître notre potentiel de reproduction ? Pr F.O. Des tests dressent un état des lieux de la fécondité à un moment donné. Mais aucun ne permet de dire : " Attention, Madame, dépêchez-vous ! " Des médecins peuvent profiter de la situation et réaliser de nombreuses FIV sur une patiente sans préciser : " Vous avez 1 % de chances de mener une grossesse à son terme. " Pour ma part, il me semble honnête de dire la vérité, de lutter contre l’acharnement. J’ai vu arriver dans mon cabinet trop de femmes cassées psychologiquement par les échecs à répétition et par les faux espoirs entretenus pendant des mois. Pour certaines, il est toutefois indispensable de tenter un traitement de plus pour qu’elles puisssent constater par elles-mêmes que la réponse ovarienne est très faible. Ensuite, il leur est sans doute plus facile d’accepter, par exemple, la solution de l’adoption.
ELLE. Ou la procréation grâce à un don d’ovocyte ? Pr F.O. Il est vrai qu’ainsi des femmes infertiles peuvent porter un bébé et accoucher. Mais, tout comme le recours à un don de sperme, cette méthode suscite de grandes réticences puisque l’un des parents n’est pas génétique. De plus, en France, la loi est très coercitive : la receveuse ne peut pas choisir la donneuse. Et les donneuses sont rares car elles ne peuvent pas être rétribuées. Or, c’est une technique plutôt lourde. La donneuse et la receveuse subissent un traitement synchrone. Puis on procède à une ponction des ovocytes chez la donneuse, par une intervention chirurgicale, et à la fécondation in vitro avec les spermatozoïdes du mari de la receveuse. Les embryons obtenus sont replacés dans l’utérus de la receveuse, dont l’âge n’influe pas sur le succès de la démarche. Ce qui conduit aux dérives que nous avons évoquées. En revanche, plus la donneuse est jeune et plus le taux de grossesses est élevé. En Belgique, la loi est plus souple, mais il faut que la future mère trouve elle-même une donneuse. L’Espagne organise tout et accorde un dédommagement de 850 euros pour un ovocyte. L’Agence de la biomédecine vient d’annoncer une campagne nationale d’information sur le don d’ovocyte. Il serait plus sain, en effet, de l’encourager et d’en harmoniser la législation. Propos recueillis par Patricia Gandin Source www.elle.fr/ |
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LAURENCE PARISOT : « LA MISOGYNIE A CHANGÉ DE VISAGE : IL NE FAUT JAMAIS CROIRE QUE C’EST GAGNÉ »

Sauf coup de théâtre, l’actuelle présidente du Medef devrait être réélue le 1er juillet prochain. Laurence Parisot a tiré pour nous le bilan de son premier mandat à la tête de l’organisation patronale et nous a livré ses propositions pour améliorer la situation des femmes dans l’entreprise. En 2005, vous êtes devenue présidente du Medef. Quelles difficultés avez- vous rencontrées ? Il a fallu surmonter des postures d’un autre temps, faire valoir les exigences éthiques de notre société d’aujourd’hui, travailler à faire connaître et à promouvoir l’affection qu’à mon avis et quoi qu’on dise les Français éprouvent profondément pour leur entreprise. Etre à la fois une femme et une chef d’entreprise, est-ce une double difficulté ? C’est en tout cas des deux côtés un combat parce que le monde change et les problèmes à surmonter aussi. Les adversaires ne sont pas toujours ceux qu’on croit, ni où on le croit, et cela oblige à se renouveler soi-même pour poursuivre la route. Y-a-t-il une façon « féminine » d’être chef d’entreprise… ? Les femmes, par leur perception, amènent-elles quelque chose de différent professionnellement ? Peut-être les femmes sont-elles moins obéissantes, peut-être prennent-elles plus spontanément le risque de surprendre. Elles sont en tout cas très sensibles au contexte, à l’environnement ou pour moi par exemple, à ce qui se passe dans la société au sens large. Plus de femmes à des postes clés dans le patronat, est-ce un levier pour faire bouger les choses, notamment en ce qui concerne l’égalité dans l’entreprise ? Oui, bien sûr. Je crois beaucoup à la valeur de l’exemple, et beaucoup aussi à la preuve par les faits. Nous démontrons que c’est possible. Une entreprise paritaire est-elle plus performante ? Sans aucun doute. La pensée et les actions des uns se tissent avec la pensée et les actions des autres. C’est une incitation à plus de dialogue, à plus d’échanges, à moins de pensée unique, c’est un encouragement à la variété des points de vue. C’est aussi une incitation forte et même incontournable au respect mutuel. Et avec une direction majoritairement féminine ? Entre d’autres termes, Lehman Sisters aurait-il fait faillite, pour reprendre la formule consacrée au lendemain du krach bancaire ? Nous aimerions bien sûr imaginer qu’avec plus de femmes, on aurait su éviter cette faillite. On s’étonne toujours qu’un groupe entier ait pu aller unanimement dans le mur. Dans le cas dont vous parlez il a certainement manqué à la direction une voix différente. Quel bilan pouvez-vous tirer de ce premier mandat au Medef ? Nous avons travaillé sans relâche et nous sommes très fiers de notre bilan. Nous avons signé un nombre d’accords professionnels jamais atteint avant, et de loin. Certains d’entres eux sont de vraies révolutions. Je pense par exemple à l’accord sur la rupture conventionnelle qui est dans l’entreprise l’équivalent de ce que fut dans les couples il y a trente ans la possibilité de divorcer à l’amiable sans s’accuser mutuellement. Cela changerait-il la donne si un homme était élu après vous ? Et une femme ? La donne change forcément d’une époque à l’autre. J’espère moi-même à la fois être réélue et porter autrement dans mon second mandat nos nouveaux objectifs. Avez-vous l’impression qu’en 2010 le pouvoir économique reste encore aux mains des hommes ? Le pouvoir économique est heureusement déjà un peu partagé. Il suffit pour le voir de tourner par exemple ses regards vers le capitalisme familial, ou vers d’autres pays, y compris des pays émergents. Le monde des entreprises est-il encore trop masculin ? Oui, et plus généralement, trop uniforme. C’est pourquoi nous travaillons tant à promouvoir les diversités de toutes sortes. Le Medef vient de changer son code de gouvernance pour favoriser la parité dans les conseils d’administration des grandes entreprises. C’est une mesure que vous aviez proposée tout de suite en arrivant. Pourquoi a-t-il fallu attendre cinq ans ? Et pourquoi seulement 40% ? Peut-être fallait-il d’abord que la situation mûrisse un peu. Et peut-être y a-t-il maintenant encore beaucoup d’avantages à procéder par étapes. 40% ça n’est pas forcément mon dernier mot mais reconnaissez que c’est déjà un grand pas. Vos propositions pour améliorer la situation des femmes dans l’entreprise ? Faut-il promouvoir les réseaux ? Changer les horaires de réunions ? Lutter contre les inégalités salariales et comment ? Améliorer les modes de garde ? Comme pour les retraites, je ne pense pas qu’il y ait une solution unique. Toutes les pistes que vous venez d’indiquer sont à explorer en fonction des situations et aucune ne m’apparaît exclusive de l’autre. Ce sont des réflexions que nous avons le souhait d’approfondir prochainement. Qu’est-ce qui a changé pour les femmes entre la génération de votre mère et la vôtre ? Ma mère a toujours cultivé une grande indépendance d’esprit et elle est une personne très moderne. D’autres n’ont pas eu ma chance. Mais nous toutes avons sans doute plus de facilités que la génération précédente pour suivre nos ambitions, pour passer à l’action, pour réaliser. Avez-vous eu un modèle ? Oui, et même plusieurs, heureusement ! Les rapports hommes-femmes vous paraissent-ils plus simples de nos jours ? Plus simples, certainement pas. Mais peut-être plus clairs. En tout cas nous faisons beaucoup d’efforts pour cela. Avez-vous le sentiment que la condition des femmes a régressé depuis 1970 ? Parfois j’en ai peur. Mais je crois que les deux sont vrais : des progressions ici, des régressions là. Comme d’autres haines tenaces et irrationnelles, la misogynie a changé de visage. Il ne faut jamais croire que c’est gagné. Parmi les combats qui restent à mener en 2010, quels sont ceux qui vous tiennent le plus à cœur ? Premièrement la réforme des retraites car les Français ne peuvent plus vivre bien avec une telle épée de Damoclès au dessus de la tête et parce que l’image de la France pourrait en pâtir dangereusement. Mais aussi la place des jeunes dans l’entreprise, le respect humain en général, et bien sûr la compétitivité de nos entreprises dans le monde. Sans oublier tous les défis nouveaux auxquels je ne pense pas encore mais que l’actualité ne manquera pas de nous apporter ! Propos recueillis par Emilie Poyard Source:www.elle.fr
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Des délais interminables pour avoir rendez-vous chez un gynécologue Une Française sur quatre consulte son médecin traitant en raison de l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous en urgence avec son gynécologue ou de la distance pour arriver chez celui-ci. Difficulté davantage exprimée par celles qui sont suivies par un généraliste (81% d'entre elles, contre 74% de celles suivies par un gynécologue)*. Sur la blogosphère, les pétitions et les soutiens aux gynécos circulent, des collectifs d'associations et de syndicats se mobilisent**, dans la presse régionale, les témoignages d'incidents se multiplient : la raréfaction des gynécos ne passe pas. Le journal « Ouest France » rapportait début janvier la situation dans un hôpital de Basse-Normandie. « Difficile d'assurer sur tous les fronts, avec 15000 consultations par an, explique le Dr Michel André, du centre hospitalier de Flers. Nous donnons priorité aux suivis de grossesses et de cancers et avons du mal à produire des consultations pour la contraception, les frottis... » D'où la banalisation des heurts avec les patients, les maris qui jouent les gros bras pour décrocher des rendez-vous, et les plaintes déposées au commissariat !
Les délais d'attente sont très variables selon les régions : à Paris, hors urgence, comptez un ou deux mois pour un rendez-vous ; dans le Nord, six mois... Alors on voit de plus en plus de patientes franchir les portes des centres de protection maternelle et infantile. « Ici elles retrouvent l'accueil, la disponibilité et l'écoute qu'elles n'ont plus forcément en cabinet ou à l'hôpital, explique une gynécologue d'un centre de Seine-et-Marne. En plus, c'est gratuit. »
« Le pire, c'est que certains médecins ne peuvent plus augmenter leur patientèle, car ils croulent sous le travail, déplore la Dre Brigitte Letombe, présidente de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale (FNCGM). Et quand un gynécologue ferme son cabinet pour partir à la retraite, il n'y a pas de successeur. Et pourtant Lille, c'est plutôt une grande ville, non?» Alors que dire des petites agglomérations et des déserts médicaux. En Lozère, aucun médecin n'exerce une activité régulière de gynécologie médicale ou obstétrique, un seul dans le Cantal et la Haute-Loire, deux dans la Meuse, trois en Haute-Corse***. Les hôpitaux, déjà débordés, sont pris d'assaut, et les généralistes sombrent eux aussi sous la charge de travail. « Les petites maternités mettent la clé sous la porte, donc les gynécologues obstétriciens qui y travaillaient, et qui y pratiquaient aussi de la gynécologie médicale, sont obligés de se rallier à des grandes maternités, ajoute la Dre Letombe. On perd donc, dans toutes ces petites structures, l'activité de consultation, et il faut parcourir des kilomètres pour voir un médecin. »Pourquoi une telle pénurie de gynécologue?il faut remonter au numerus clausus mis en place il y a une trentaine d'années. Le gouvernement de l'époque décide d'instaurer un concours faisant baisser drastiquement le nombre de médecins, gynécos y compris, afin d'économiser sur les dépenses de santé, selon le principe « réduisons l'offre, on réduira la demande ». Nouveau coup du sort pour la profession en 1986 : pour s'aligner sur les recommandations européennes, la spécialité de gynécologie médicale est supprimée, au profit d'un cursus unique de gynécologie obstétrique.
Entre 1986 et 2003, la gynéco médicale va disparaître, pour renaître de ses cendres avec le mouvement Touche Pas à Mon Gynéco. Depuis six ans, des postes sont officiellement disponibles. Environ vingt places sont proposées à l'internat ; vingt-sept cette année. Il en faudrait entre quatre-vingts et cent pour assurer la stabilité des effectifs, estiment certains. « Ce n'est pas avec ce nombre dérisoire qu'on compensera le départ à la retraite, dans les dix ans, de 1800 gynécologues médicaux », alerte le Dr Marc-Alain Rozan, président du Syndicat national des gynécologues obstétriciens français.
Du côté de ces derniers, on pourrait croire la relève assurée puisqu'eux bénéficient de plus de postes (163 cette année) : si ces médecins passent l'internat qualifiant en gynécologie médicale, le renouvellement de la profession sera assuré en dix ans. Mais sont en cause plusieurs phénomènes, dont un, sous-estimé par les politiques : la féminisation de la profession. 60% des obstétriciens sont des femmes, et ce chiffre augmentera d'ici quatre ans, puisque la proportion de ces internes devrait alors atteindre 90%. Or cette profession, avec des urgences fréquentes à n'importe quelle heure, est difficile à concilier avec une vie de famille. « Lorsque j'étais interne, j'étais de garde presque tous les jours pendant six mois, 24 heures sur 24, puis un jour sur deux pendant une dizaine d'années, sans vie familiale, se souvient le Dr Rozan. Les nouvelles diplômées qui exercent à l'hôpital se disent qu'elles n'ont pas fait quinze ans d'études pour ça. OK pour les trente-cinq heures, voire les quarante heures, avec une garde par mois. Comment les en blâmer »
A côté de cela, si le gouvernement n'y remet pas un peu d'ordre, l'augmentation des primes d'assurance pour les obstétriciens pourrait accentuer la crise des vocations ou inciter ces professionnels à se reconvertir dans une discipline moins taxée. «De 22000€ par an d'assurance, je suis passé à 48000€, raconte ce spécialiste, écœuré. J'ai cessé la chirurgie pour me consacrer à la gynéco médicale, ma prime est alors tombée à 1800€.» Mais si les obstétriciens se reconvertissent massivement, qui accouchera les femmes? Quel gynécologue fait quoi?L'enseignement de gynécologie médicale dure quatre ans, après les études de médecine (qui en demandent huit). Cette spécialité se consacre au suivi médical des femmes?: contraception, grossesse, infections sexuellement transmissibles, hormones et ménopause, troubles du cycle, prévention des cancers, écoute des violences conjugales. « Nous ne sommes pas les médecins généralistes de la femme, mais plutôt les spécialistes de la 'spécificité' féminine », revendique la Dre Letombe. La gynéco obstétrique est enseignée pendant cinq ans après le cursus médical. C'est une discipline chirurgicale qui s'intéresse à l'accouchement et à ses suites. Aujourd'hui cette formation est beaucoup plus pointue qu'auparavant, avec des approches à la fois chirurgicale, obstétricale et échographique, car les risques médico-légaux sont plus lourds. De plus en plus d'obstétriciens pratiquent, de manière mixte, de la chirurgie et le suivi médical de leur patiente, moyennant une formation continue pour mettre à jour leurs connaissances.
Le généraliste peut, s'il le souhaite, suivre le diplôme universitaire de gynéco médicale pendant un an. « Cela n'en fait pas un 'spécialiste de la femme', mais face au manque de gynécologues, c'est suffisant pour un suivi classique gynécologique et mammaire, sans pathologies spécifiques et difficiles, admet la Dre Letombe. Idem pour les sages-femmes, qui reçoivent cinq ans de formation médicale et dont le métier est le suivi de la grossesse de l'accouchement et du post-partum. » Mais à partir de 40 ans, survient chez la femme toute une batterie de pathologies qu'il faut prévoir et connaître. Les risques cardio-vasculaires et de cancers augmentent avec l'âge, et se pose, chez certaines, le problème de la contraception... alors là, il faut un spécialiste, et même sacrément formé ! Quelle peuvent être les solutions pour pallier le manque de gynécologues?Les gynécos médicaux ont toujours occupé une place primordiale dans la prévention et le dépistage des cancers gynécologiques. C'est à eux qu'on doit la chute spectaculaire des cancers du col de l'utérus. En vingt ans, la réalisation régulière du frottis a permis de diminuer de 50% l'incidence de ce cancer, et de près de 60% sa mortalité (6600 cas nouveaux et 2400 décès en 1975; 3000 cas nouveaux et 1000 décès aujourd'hui). Plus de 85% des frottis sont réalisés par un gynécologue. «?Il paraît indispensable que le gynéco médical reste pour les femmes un possible médecin de premier recours, afin de ne pas les priver de ce dépistage, insiste la Dre Letombe. Et même si les frottis sont réalisés par d'autres, cela n'exonère pas le gynéco médical de lire et de présenter les résultats, avec l'éventuelle conduite thérapeutique face aux pathologies dépistées... Par ailleurs, les centres de cancérologie sont débordés?; avec l'augmentation du nombre de cancers du sein, ils ne peuvent plus suivre les patientes régulièrement ou prendre en charge les pathologies bénignes qui entourent le cancer et qui hypothèquent cependant la qualité de vie. Alors les femmes sont adressées aux gynécos médicaux ou aux généralistes. Même pour les pathologies graves, il existe donc un problème de suivi, car le système explose.»
Parlons aussi des troubles du cycle ou des saignements gynécologiques, qui sont le pain quotidien du gynéco médical. Celui-ci va pratiquer dans un même temps l'ensemble du bilan?: examens vaginal et pelvien, frottis et échographie, et, en fonction de ceux-ci, décider de la meilleure conduite thérapeutique à tenir. Il évitera ainsi à la patiente une perte de temps, des va-et-vient entre de multiples professionnels de santé, voire le recours abusif à des plateaux techniques lourds. On pourrait aussi évoquer tout le reste. Qu'adviendra-t-il si les femmes n'ont plus le temps de parler « adaptation de contraception » avec leur médecin, débordé ou moins formé à la gynécologie médicale . Si elles ne comprennent pas l'intérêt d'une prise en charge précoce de troubles de la fertilité ou si elles ne voient pas l'utilité de passer une mammographie à 40 ans ou 50 ans (72% des mammographies sont prescrites par un gynéco) .Décidémment, on ne voit pas comment on pourrait se passer de nos gynécos.
Actions concrète: Pour lutter contre les déserts médicaux, le gouvernement envisage plusieurs mesures, comme la création de 'médecins volants' qui pourront aller consulter à distance dans les maisons médicales créées à cet effet. Par ailleurs, une partie des activités des médecins sera transférée aux sages femmes, qui sont au nombre de 30 000 et s'occupent désormais de contraception, échographie, rééducation après accouchement, vaccination et frottis. Les infirmières, quant à elles, peuvent prescrire la pillule du lendemain dans les établissements scolaires.
* Enquête 'Ressenti des femmes à l'égard du suivi gynécologique' réalisée en mai 2008 par BVA pour la FNCGM.
** Pétition sur le site du Comité de défense de la gynécologie médicale: www.cdgm.org.
*** 'Démographie médicale 2009' chiffres du Conseil national de l'ordre des médecins. Source : www.ffeminin.com , Rica Etienne
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